Ça se passe chez LaBigAddress

Interview MyAfricanStartUp

Christian Kamayou, son fondateur, nous raconte son parcours, les difficultés auxquelles il a dû faire face, ses projets…

 

 


LaBigAddress a rencontré Christian Kamayou, fondateur de MyAfricanStartUp, la première plateforme africaine qui facilite la mise en relation des start-up avec le grand public et les médias.

Il publiera en mai 2018 le nouveau palmarès des 100 start-up africaines les plus prometteuses.

Entretien sur son parcours d’entrepreneur.

 

 

 

Parlez-nous de votre parcours professionnel :

Ma carrière professionnelle a démarré dans le secteur bancaire où j’ai été responsable de la tarification, puis de la veille concurrentielle à la Direction du Marketing d’une grande Banque Française. Étant banquier, j’observais à quel point il était paradoxal pour un étudiant de ne pas pouvoir mettre en concurrence efficacement des banques alors que les jeunes sont leur priorité. Les jeunes sont le fonds de commerce de l’avenir des banques.

C’est ainsi que j’ai décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat en créant Financetesetudes.com, premier courtier spécialiste des prêts bancaires pour étudiants. Le principe est simple : vous êtes étudiant en recherche de financement, en quelques clics grâce au site vous interrogez et mettez en concurrence les banques afin d’obtenir l’offre la plus intéressante en fonction de votre profil.

À l’évidence, avoir été banquier ne donne pas systématiquement les aptitudes pour vous lancer dans ce projet d’envergure, pionnier dans le secteur des Fintech en France. Pour lancer l’initiative, j’avais fait le choix d’intégrer l’incubateur de l’école qui m’a formé : HEC Paris. La société existe depuis bientôt 6 ans.

Stimulé par l’innovation et de nouveaux challenges, j’ai décidé de me lancer vers un nouveau défi professionnel en lien avec le continent de l’avenir, que l’on présente désormais comme le futur « Eldorado » : L’Afrique.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir entrepreneur ?

La profonde conviction d’être utile. L’accès au financement est fondamental pour effectuer des études dans de bonnes conditions. Je suis fier via d’avoir lancé cette innovation, d’avoir contribué à donner l’accès à l’enseignement supérieur à des dizaines de milliers d’étudiants.

Je suis avant tout attiré par l’utilité sociale d’un projet. L’aspect économique ne me suffit plus. Ma satisfaction dans toute activité que j’entreprends ne se mesure pas avec un baromètre financier. C’est désormais mon état d’esprit.

 

Avez-vous rencontré certaines difficultés dans votre parcours ? Comment les avez-vous surmontées ?

Dans mon cas, la principale difficulté a été de démarrer sans l’équipe idéale, des profils complémentaires au mien. Plus qu’une difficulté, il s’agissait d’une erreur. J’ai compris à quel point l’équipe est l’élément fondamental pour tout projet et que l’union fait la force.

J’ai réussi à compenser cette difficulté en construisant ce projet autour des personnes concernées : les clients, autrement dit les étudiants. Un choix opportuniste mais qui s’est avéré judicieux. En effet, en faire des ambassadeurs du service était le meilleur moyen de promouvoir l’offre dans les campus étudiants.

 

Comment avez-vous pris conscience que la communication dans votre projet représentait un levier de business essentiel ?

J’ai connu deux situations qui m’ont permis de me confronter aux réalités et aux vertus de la communication dans des contextes très différents et inattendus.

D’une part, dès la phase de création d’entreprise, les banques étaient très lentes à nouer des partenariats avec ce nouveau venu dans le secteur Fintech. Démarrer cette activité nécessitait logiquement une pluralité de banques partenaires afin que la plateforme puisse proposer une pluralité de choix aux étudiants.
C’est ainsi que j’ai découvert à quel point signer avec « un grand compte » en BtoB est un parcours du combattant que beaucoup d’entrepreneurs ignorent. Il faut faire face à des lenteurs dans des processus de prises de décisions dans les grands Groupes.

J’ai encore du mal à comprendre pourquoi il est si compliqué pour de grandes entreprises de réunir toutes les parties prenantes qui ont un avis autorisé sur un projet présenté, autour d’une même table, et ainsi apporter une réponse rapide à la start-up. Trop de temps perdu en réunions mois après mois avec des interlocuteurs de différents départements successifs dans le cadre de processus de validation.

La deuxième situation, concerne le processus de levée de fonds. Les business angels et investisseurs sont très sollicités. Comment émerger dans le lot des centaines, milliers de start-up qui frappent aux mêmes portes pour être financées ?
J’ai compris l’impact de la communication comme levier lors de ces deux moments clés :

>> Dans la phase commerciale, une belle et forte action de relation presse pour annoncer l’arrivée du nouveau service de conquête clients pour les banques a modifié leur perception de la jeune pousse. Attirer l’attention de la presse économique et financière – que lisent les banquiers – s’est avéré être un sésame car cela a permis d’accélérer la signature de nos contrats avec les établissements financiers.

>> Dans la phase de levée de fonds, suite à la phase pilote qui prouvait la pertinence du concept avec un début de chiffre d’affaire, les parutions dans le « palmarès des 100 start-up françaises où investir » a permis de présenter avec une belle exposition médiatique le potentiel du marché, et boucler la recherche financement en phase d’amorçage en quelques semaines pour plusieurs centaines de milliers d’euros.

 

Quelles sont, selon vous, les caractéristiques d’un bon entrepreneur ?

La ténacité, car entreprendre c’est compliqué. Il faut gérer l’adversité au quotidien. En réalité, rien ne se passe comme il a été écrit sur le business plan. J’avais la naïveté de le croire. Si vous n’êtes pas capable d’encaisser certaines mauvaises surprises, difficultés, voire des échecs, ne vous lancez pas dans l’entrepreneuriat. Les entreprises à succès sont passées par des obstacles. La vision idyllique d’une réussite fulgurante avec un parcours sans embuche, je n’y crois pas. Certains entrepreneurs parlent de leur difficultés ou échecs, d’autres non.

Vision – Créativité – Exécution. Croire et surtout être persuasif sur son objectif. Etre capable d’imaginer de nouvelles manières de gagner et fidéliser des clients, de contourner des obstacles qui seront inévitables, de générer des revenus significatifs. Il faut ensuite être capable de mettre à exécution, c’est de loin le plus important.

Enfin être un bon communiquant. Savoir communiquer. Disposer d’un bon produit, un bon service, d’un savoir- faire ne suffit pas. Le faire-savoir est aussi important sinon plus important que le savoir-faire dans beaucoup de situations que j’ai pu rencontrer.

 

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes créateurs de start-up ?

Je ne suis pas le plus apte à donner des conseils à d’autres entrepreneurs. Toutefois, j’ai un avis : Arrêtez de penser qu’on risque de vous voler votre idée de création d’entreprise. Au contraire, dites à tout le monde ce que vous êtes en train de faire pour entrer dans un cercle vertueux.

 

Quels sont vos projets actuellement ?

Voyager à travers l’Afrique durant les 3 dernières années m’a ouvert les yeux. Alors que des innovations portées par des start-up sont de nature à transformer ce continent, celles-ci ne rencontrent pas l’écho médiatique mérité et n’attirent pas encore suffisamment de capitaux. J’ai ainsi créé MyAfricanStartUp dont l’activité consiste à créer des outils pour soutenir le secteur privé en Afrique via une promotion et un accompagnement des start-up innovantes prometteuses.
Nous éditons depuis février 2017 un « palmarès annuel de 100 start-up africaines innovantes où investir ». Un index à suivre de près qui recense 100 sociétés pour lesquelles nous recommandons une forte visibilité médiatique et une mise en relation investisseur. L’initiative permet aussi de présenter au grand public cette Afrique dynamique et innovante souvent méconnue.

Le prochain palmarès sera publié en mai 2018 sur le site www.myafricanstartup.com .

En résumé, chaque année nous créons avec une approche entrepreneuriale un nouvel outil qui permet de répondre à l’une de ces problématiques auxquelles sont confrontés certains entrepreneurs africains : le manque de notoriété, le déficit de financement, l’insuffisance de mécanismes d’accompagnement.

 

 

Je remercie LaBigAddress de m’avoir donné l’opportunité d’exprimer un point de vue africain sur l’entrepreneuriat.